COMPORTEMENTALISTE ? VOUS AVEZ DIT COMPORTEMENTALISTE ?
Le métier de Comportementaliste Canin est souvent confondu à tort avec celui de Psychologue pour chien, Psychologue pour chat, Psychologue pour Animaux.
Un exemple :
Si vous vous rendez dans un pays où on ne parle pas le Français : Allez-vous demander aux personnes de ce pays d'apprendre le Français ? Ou Allez-vous faire l’apprentissage de la langue parlée du pays ?
Bien entendu, vous ferez l’apprentissage de la langue.
J'ai suivi des stages de formation, assisté à des conférences qui m'ont, bien sûr enrichis, et qui ont renforcés ma passion dans ce domaine. Mais ces connaissances acquises m'ont surtout fait comprendre que beaucoup de choses restent encore à découvrir et qu'il serait très prétentieux de dire : "JE SAIS, JE SAIS"......car finalement NOUS NE SAVONS PAS GRAND CHOSE.
Je ne suis pas professionnelle, c'est pourquoi j'ai demandé à Sandrine OTSMANE, Spécialiste de l'Education Animale, des relations et de la Cohabitation Homme/Chien et homme/Chat d'intervenir dans cette rubrique. Cette rubrique étant dédiée à un espace de partage, elle m'a fait le plaisir d'accepter la mise en ligne de plusieurs de ces articles publiés.
Des bagarres pourraient occasionner des blessures et détourneraient l’énergie des individus des fonctions essentielles de recherche de nourriture et de protection du groupe contre les prédateurs, mettant ainsi en péril la vie de la meute. L’harmonie doit être maintenue entre ses membres.
Le chien n’échappe pas à cette règle et il a gardé de la vie de ses ancêtres sauvages un langage propre ; il utilise avec ses congénères, mais aussi avec l’homme, des signaux de communication spécifiques.
Cette communication canine est universelle, même si la richesse de ce vocabulaire peut varier d’un individu à l’autre. Toutefois, un animal mal socialisé à son espèce, séparé trop tôt de sa mère et sa fratrie, seul dans sa portée ou qui évolue près d’une mère incompétente, a peu de chances de posséder le minimum nécessaire à cette communication.
Si le propriétaire de l’animal ne prend pas en compte ce langage, il peut déclencher de l’agressivité, du stress ou la disparition de ces signaux, réactions qui peuvent amener à des situations dommageables.
À ce jour, il a été répertorié jusqu’à une trentaine de signaux d’apaisement, et il en reste certainement à découvrir. Le chien les utilise pour se tranquilliser, apaiser une situation tendue, exprimer des intentions amicales, ou faire comprendre à l’autre qu’il ne se sent pas à l’aise.
Ces signaux appartiennent à tous les chiens, mais chaque animal est unique et il peut y avoir des nuances dans l’utilisation qu’ils font d’un même signal. Selon le chien, un comportement comme s’approcher lentement et faire des mouvements lents, se lécher la truffe, avancer de biais, lever une patte en restant immobile, renifler le sol, « sourire », lécher les lèvres de l’humain ou les babines des congénères, s’appliquera à des situations légèrement différentes.
Si votre chien bâille, parfois avec une petite vocalise, c’est peut-être que vous vous penchez au- dessus de lui, qu’il y a du chahut dans la maison, qu’il se trouve dans un endroit inquiétant pour lui comme la clinique vétérinaire, que quelqu’un marche droit sur lui, que la séance d’éducation est trop longue ou contraignante, qu’il ne connaît pas les intentions de celui qui s’approche de lui et cherche à le calmer. Mais on peut aussi observer ce signal quand il est excité ou impatient, comme au moment où il entend le bruit de sa laisse qui annonce la promenade.
Il se baisse, détourne la tête ou le regard, ou il présente son postérieur ? Cela peut signifier qu’un inconnu, ou même son propriétaire, marche directement face à lui ou lui semble inquiétant, agressif, en colère ou menaçant, que la séance de travail est trop longue ou contraignante, qu’il veut éviter le contact avec la personne qui le sollicite par la voix, le regard ou la caresse. Avec ses congénères, il utilisera ce signal pour calmer l’autre et éviter le conflit.
S’il s’immobilise, on parle alors de « gel », c’est probablement qu’il a peur, ne se sent pas à l’aise, et éprouve le besoin de se calmer ou de calmer son « interlocuteur », autre chien ou personne. Dans cette même situation, il peut aussi passer par diverses séquences comme marcher lentement, puis s’arrêter, s’asseoir, attendre quelques instants puis se relever, se coucher en dressant la tête (position en sphinx) se relever et rester immobile et ainsi de suite.
Ces signaux de communication, d’apaisement et de politesse entre congénères doivent être compris et appris car ils s’adressent également à l’homme. Cependant, ils doivent toujours être interprétés dans leur contexte pour éviter les conclusions hâtives qui mèneraient à une incompréhension entre le chien et son maître.
Afin de respecter cette communication, il est important d’éviter et de faire cesser les interactions stressantes et les situations anxiogènes pour votre chien. Afin de partager une vie harmonieuse et épanouie avec les membres de cette espèce différente de la nôtre, il importe d’établir un bon mode relationnel. Quel que soit l’âge de votre chien, l’Éducateur et Comportementaliste peut vous aider à décoder le comportement de votre animal et établir avec lui ce relationnel.
D’après l’article « Calming signals – The art of survival » de Turid Rugaas
L’année 2008 a vu la mise en place de nouvelles dispositions concernant les chiens «susceptibles d’être dangereux». Mais entre les critères de classification de ces animaux, les obligations qui incombent à leurs maîtres et les rumeurs plus ou moins fondées qui circulent, les propriétaires de gros chiens peuvent se sentir perdus. Sandrine Otsmane, Comportementaliste Chien et Chat, spécialiste des relations homme/animal, a débroussaillé pour eux la jungle des textes de loi de ce début d’année. État des lieux qui devrait permettre à chacun d’y voir plus clair.